Envoyer Imprimer PDF

S'il n'y a pas encore de guérison à court terme, il y a tout de même l'espoir d'un mieux-être et, surtout, celui de pouvoir retrouver une meilleure qualité de vie et de pouvoir, dans plusieurs cas, réintégrer le travail. D'origine encore inconnue, la fibromyalgie fait des milliers de victimes. En proie à une fatigue et à des douleurs chroniques, les fibromyalgiques doivent lutter quotidiennement contre ce syndrome musculo-squelettique pour lequel il n'y a pas encore de cure...

Aux prises avec d'intenses douleurs qui limitent leurs activités, incapables de récupérer en raison de l'insomnie ou d'un sommeil perturbé, les fibromyalgiques sont souvent incapables d'affronter une journée normale, de mener à bien des taches ménagères ou de donner un bon rendement au travail.

Les statistiques des compagnies d'assurances révèlent d'ailleurs un taux élevé d'absentéisme dû à te syndrome.

La fibromyalgie présente toutes les caractéristiques d'un cercle vicieux. La douleur engendre la fatigue et le stress, perturbe le sommeil, qui devient moins réparateur, diminuant ainsi la tolérance à la douleur elle-même. Ceci augmente ainsi le stress, qui exacerbe à son tour la douleur...

Évaluer ses limites

« C'est ce cercle vicieux qu'il faut tenter de briser », explique Édith Côté, ergothérapeute, responsable et conceptrice du programme de réintégration au travail pour les personnes atteintes de fibromyalgie à la clinique médicale Physergo du Sud-Ouest. « Une fois les limites et les problèmes bien évalués, explique Mme Côté, nous tentons de démistifier le syndrome pour que le patient comprenne mieux son état et évalue avec plus de justesse ses limites et les objectifs qu'il peut viser. »

« Dans un autre volet, nous enseignons des techniques de conservation de l'énergie, de gestion du stress; nous abordons les habitudes de vie (sommeil, alimentation, exercices, etc..); nous travaillons sur l'amélioration du poste de travail, sur des stratégies à adopter pour rentabiliser et minimiser les efforts. »

Selon Mme Côté, les fibromyalgiques sont souvent des perfectionnistes qui s'imposent des objectifs trop élevés et qui doivent réévaluer leurs exigences. Et puisque ce sont surtout des femmes qui en souffrent, elles doivent apprendre à demander de l'aide et à prendre soin d'elles.

Faire de l'exercice

« Pourquoi faire le ménage en un seul jour? On peut apprendre à étaler le travai, à la répartir, à déléguer certaines tâches, explique Mme Côté. Au bureau, il faut se méfier des gestes répétitifs et de l'immobilité. Il faut revoir ses postures au travail, apprendre à changer régulièrement de position, à prendre des pauses, etc. Il y a plusieurs façons de réduire la tâche, de la répartir et de mieux canaliser les énergies. »

L'exercice est aussi au programme.

« Les fibromyalgiques craignent de faire de l'exercice. Or, les exercices, bien dosés et pratiqués selon les bonnes techniques, ont un effet positif sur l'amplitude des mouvements et le tonus musculaire.

« Nous travaillons avec les étirements, mais aussi avec les exercices cardio-respiratoires, car les études cliniques ont prouvé que ceux-ci favorisent la production naturelle d'hormones comme l'endorphine, qui agissent directement sur la douleur en plus de réduire le stress. »

tion provinciale de la fibromyalgie : (450) 582-3075Retrouver une meilleure qualité de vie, réintégrer le travail, profiter des loisirs malgré la fibromyalgie? « Oui, répond Mme Côté, à condition d'être patient et d'apprendre à doser ses efforts. » On peut aussi chercher de l'information et du soutien auprès d'une des associations de fibromyalgie réparties à la grandeur du Québec.

Sources; Journal de Montréal, Dimanche 27 Août 2000, page 24.